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 Les Bonjours & Bonsoirs Novembre

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BOB Morane

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MessageSujet: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mer 1 Nov - 0:38

Rappel du premier message :


 

 
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Novembre est le onzième mois de l'année du calendrier grégorien, constitué de 30 jours.
 
Les journées vont redevenir froides et courtes.
Dès 17 heures il fait nuit.
Certaines années et en avance sur la saison l'hiver fait son apparition.
Pas de neige pourtant mais un froid sec et de fortes gelées.
Dès la fin novembre, les plantations de peupliers peuvent débuter, […]. À l’exception toutefois des stations où la nappe remonte près de la surface en hiver.
Dans ces parcelles, mieux vaut attendre mars, voire avril. —
 
Novembre et ses évènements à dates fixes:
 
Toussaint : célébrée le 1er novembre, au cours de laquelle sont honorés tous les saints reconnus par l'Église catholique romaine, y compris ceux qui ne sont pas sur le calendrier.
Il ne faut pas confondre la Toussaint avec la Fête des morts.
 
Fête des morts : l'Église catholique romaine commémore les fidèles défunts le 2 novembre. Au Mexique, sous le nom de el día de los muertos,
a lieu un ensemble de célébrations de nature religieuse, commémorative et festive, destinées à honorer les défunts et à défier la mort.
Dans l'Église catholique, le mois de novembre est lui-même consacré aux morts, en plus du jour particulier de la fête des morts qui a lieu le 2 du mois.
Guy Fawkes Night : cette fête britannique commémore l'échec de la conspiration des poudres, le complot d’un groupe de catholiques sous la direction de
Guy Fawkes visant à faire exploser, le 5 novembre 1605, lors de la présence du roi protestant Jacques Ier, le Parlement de Westminster, avec trente-six barils de poudre.
 
Armistice : date anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre.
 
Journée internationale des droits de l'enfant : célébrant l'anniversaire de la signature de la Convention internationale des droits de l'enfant, le 20 novembre.
 
La fête de la Sainte-Catherine : le 25 novembre.
À cette date, une tradition québécoise veut que l'on mange de la tire à la mélasse, friandise aussi connue sous le nom de tire de la Sainte-Catherine.
 
Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes:
 
Beaujolais nouveau : tous les 3e jeudis du mois sort le beaujolais primeur, dit beaujolais nouveau.
 

 
 
Dictons du mois et interprétations
 
Ces dictons traditionnels, parfois discutables, ne traduisent une réalité que pour les pays tempérés de l'hémisphère nord.
 
« Novembre chaud au début, froid à la fin », « Novembre, mois des brumes, par devant réchauffe et par derrière refroidit. »
 
Le début de novembre marque l'été de la Saint-Martin.
 
« Le vent de novembre arrache la dernière feuille », « quand il gèle en novembre, l'herbe part comme tendre. »
 
Au contraire le mois peut marquer les premières gelées.
 
« En novembre s'il tonne, l'année sera bonne », « quand en novembre il a tonné, l'hiver est avorté », « Brouillard en novembre, l'hiver sera tendre. »
 
Le temps de novembre annonce celui des mois suivants.
 
« En novembre, bon paysan va vendre son poulain. »
 
« Quand en novembre la pluie noie la terre, ce sera du bien pour tout l'hiver. »
 
 
     


Dernière édition par BOB Morane le Ven 1 Déc - 0:26, édité 1 fois
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Marie-Hélène



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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Ven 17 Nov - 11:46

Intriguée par cette découverte du genre du mot réglisse (discussion tout à fait au gout du jour )


"La réglisse ou réglisse glabre, du [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] γλυκύρριζα[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien](Glycyrrhiza glabra L.) est une [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] de la famille des [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], de la sous-famille des Faboideae, aux [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] aromatiques. Elle est originaire du sud de l'[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]et de l'[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
La réglisse désigne aussi la racine de cette plante. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] de longue vie pour la [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et selon [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], cette racine, au goût caractéristique, doux et amer, est récoltée depuis l'[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] sur la côte [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], où elle pousse naturellement.
Le réglisse désigne l'extrait aromatique issu de la racine de cette plante, utilisé en [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] (il désigne également la confiserie confectionnée à partir de cet arôme). Dans ce dernier cas, réglisse peut être employé au masculin comme au féminin[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

Voilà ce que dit wiki  bravo super
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Kris

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Ven 17 Nov - 12:02

Perso, j'ai beau savoir, et depuis longtemps que réglisse est féminin, je continue à considérer que c'est du masculin. Tout ça parce que dans la cour de récréation de mon enfance, on disait "du réglisse"
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Marie-Hélène

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Ven 17 Nov - 12:49

Autant j'avais horreur du "bois de réglisse" autant j'adorais ces rouleaux qu'on déroulait à moitié et que l'on laissait pendre ...Il y avait souvent un bonbon coloré comme une grosse perle au milieu !


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BOB Morane

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Sam 18 Nov - 8:14


 
 18  
 
 
 
 
24 juillet 1534 : Jacques Cartier
prend possession du Canada
au nom du roi de France  1/2
(D’après « Voyages de découverte au Canada
entre les années 1534 et 1542, suivis d’une biographie
de Jacques Cartier » (par René Maran), paru en 1968)Le pilote malouin brûlait de « voyager, découvrir et conquérir à Neuve-France, ainsi que trouver, par le Nord, le passage au Cathay », le roi de France voyant dans ce périple une façon d’entraver l’avancée de Charles Quint et, partant, de l’affaiblir financièrement
L’enfance et l’adolescence de Jacques Cartier, né en 1491 à Saint-Malo, nourries de hauts faits maritime, l’avaient poussé à faire de bonne heure ses classes de marin, en bourlinguant le long des côtes de l’Europe et de l’Afrique. Peut-être même participa-t-il à des guerres de courses, à des abordages.
 
Toujours est-il qu’il est « pilote et maître de navire » en 1521. Sa notoriété, déjà grande, sa fortune solide lui assurent un bel avenir. L’une et l’autre lui ont permis de se marier, l’année précédente, avec Catherine des Granches ou des Granges, l’une des plus fortunées héritières de sa ville natale, fille de Jacques, connétable de Saint-Malo et sieur de la Ville-ès-Gars, et de dame Françoise, née du Mast.
 

Portrait de Jacques Cartier devant une carte de la côte canadienne.
Dessin (colorisé) de Pierre Gandon (1899-1990)
Le mariage, célébré en grande pompe, a été béni par Messire Lancelot Ruffier, vicaire de Saint-Malo. Jacques Cartier accède par cette union au rang de notable en vue. II a pour beau-frère Macé Jalobert, maître d’équipage, et peut désormais compter en toute occasion sur l’appui financier et moral des Maingart, puissante famille alliée à celle des des Granches. Il marche, lors de la fête patronale de la confrérie malouine de Saint-Jean, aux côtés du prévôt, derrière les « sonneux et tambourins », en tête de ses confrères venus en grand nombre, « nonobstant quelque indisposition de temps et mortalité ».
 
Jacques Cartier ne jouit pourtant, à cette époque, que d’une renommée locale. Où et comment l’a-t-il acquise ? Les archives malouines gardent encore sur ce point le silence. On peut néanmoins avancer qu’il connaissait déjà plus ou moins les côtes brésiliennes. Les malouins du XVIe siècle s’engageaient volontiers comme marins sur les navires espagnols ou portugais allant chercher en Amérique Equinoxiale ce bois de teinture dit « bois de Brésil ».
 
Sans doute Jacques Cartier y fut-il pour son propre compte, à ses risques et périls. Ceux-ci étaient grands. Les Portugais, considérant le Brésil comme leur, massacraient sans merci tous ceux qui osaient leur faire concurrence. Tant de prétention avait d’ailleurs le don de révolter le pilote Crignon, qui s’écriait : « Quoique les Portugais soient le plus petit peuple du monde, le monde ne leur semble pas assez grand pour satisfaire leur cupidité. Il faut qu’ils aient bu de la poussière du cœur d’Alexandre pour montrer une ambition si démesurée. Ils croient tenir dans une seule main ce qu’ils ne pourraient embrasser avec toutes les deux. Il semble que Dieu ne fit que pour eux les mers et la terre, et que les autres nations ne soient pas dignes de naviguer. »
 
Quoi qu’il en soit, il est patent que Jacques Cartier a ramené du Brésil, en 1527, une jeune indigène, Catherine du Brésil, qui fut baptisée, le 30 juillet 1528, à Saint-Malo, par Messire Lancelot Ruffier, et eut pour marraine Catherine des Granches, femme de Jacques Cartier, tandis que Guyon Jamyn, recteur de Saint-Jacut, et beau-frère de Thomase Cartier, sœur du futur découvreur du Canada, lui servait de parrain. Il est patent aussi qu’il était suffisamment versé dans la connaissance de la langue portugaise pour servir d’interprète aux Portugais pris en mer et gardés dans les prisons de Saint-Malo.
 
Cartier n’apparaît soudain en pleine lumière qu’en 1533. Le navigateur malouin va sur ses quarante-deux ans. L’inaction lui pèse. II a soif d’aventure, voit loin, pense grand et voudrait, sentant qu’il n’est pas fait pour n’être rien qu’un roulier des mers, qu’on lui confiât une entreprise à sa taille. Mais à qui doit-il s’adresser ? À qui peut-il faire part de ses désirs, de ses projets ? Parbleu, à Philippe de Chabot, seigneur de Brion, comte de Buzançais et Charny, amiral de France !
 
Il a déjà eu l’occasion de deviser nombre de fois avec ce grand seigneur, notamment le jour où il lui a fait don de quelques-uns des singes et des perroquets qu’il avait rapportés du Brésil, en 1527. Les grands de ce monde ne sont pas insensibles aux présents. Les cadeaux entretiennent leur mémoire. L’appétit de l’or tiendra celle de Philippe de Chabot en éveil. Son zèle — car il est la vénalité même — croîtra en raison des richesses qu’on fera miroiter à ses yeux. Lui seul peut, en tout cas, vu le crédit dont il jouit à la cour de François Ier, faire aboutir la demande qu’il lui adresse. Celle-ci tend à obtenir l’autorisation de poursuivre les recherches que Giovanni Verrazzano n’a pu qu’ébaucher naguère.
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forumette

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Sam 18 Nov - 11:20

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Bonjour et bonne journée à tout le monde
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BOB Morane

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Dim 19 Nov - 8:31


 
     19  Novembre
 
 
 
 
 
24 juillet 1534 : Jacques Cartier
prend possession du Canada
au nom du roi de France  2/2
 
 
La demande formulée par le père adoptif de Catherine du Brésil tombait à merveille. En favorisant ses desseins, le roi de France dispose d’un moyen propre à entraver l’expansion coloniale de Charles Quint, et à lui créer, ce faisant, de pénibles embarras financiers. L’autorisation que sollicite Jacques Cartier sert par conséquent sa politique. D’où il découle qu’il se doit de lui prêter tout son appui pour lui permettre d’aller « aux Terres Neuves découvrir certaines îles et pays où l’on dit qu’il se doit trouver quantité d’or ».
 
Il mande à cet effet à son trésorier, le 12 mars 1534, de verser entre les mains de Jacques Cartier, navigateur et maître pilote, la somme de six mille livres. Le royal commanditaire met, en outre, à sa disposition, deux navires. Chacun de ces navires jauge soixante tonneaux. Leur équipage ne comprend que soixante hommes en tout.
 
Leur recrutement ne s’opéra pas sans difficulté. Tout fut mis en œuvre pour l’enrayer. Force fut au vice-amiral Charles de Moüy, seigneur de la Meilleraye, d’intervenir avec énergie, au nom du roi, pour faire entendre raison aux matelots que les armateurs malouins débauchaient en sourdine. Il y parvint, en mettant l’embargo sur tous les navires ancrés en rade de Saint-Malo. Celui-ci ne fut levé qu’au départ de l’expédition que le roi de France avait placée sous le commandement de Jacques Cartier.
 
Au dire de Léon Ville, qui a romancé un agréable Jacques Cartier à l’usage de la jeunesse, des deux vaisseaux que commande le marin breton, l’un s’appelle le Triton, l’autre le Goéland. Selon le même auteur, le voyage d’aller dura quatre-vingt-dix jours. En réalité, parti de Saint-Malo le 20 avril 1534, Jacques Cartier atteint le cap terre-neuvien de Bonavista le 10 mai suivant, mouille à cinq lieues de là, au sud, dans un port auquel il donne le nom de Sainte-Catherine, s’y ravitaille en viandes et en poissons, prend alors la direction du nord, s’engage dans le détroit de la Baie des Châteaux, qui s’appelle aujourd’hui le détroit de Belle-Isle.
 
Il serre ensuite de près la côte méridionale du Labrador, dans la direction du sud-ouest, « jalonnant çà et là sa route, souligne M. d’Avezac, l’un de ses meilleurs et plus consciencieux biographes, de quelques noms bretons, tels que Havre de Brest, Havre de Saint-Servan, au milieu de beaucoup d’autres, jusqu’à la baie de Chicataka, qui fut appelée Havre de Jacques Cartier.
 
 
 
 

 
Jacques Cartier prend possession de la Baie de Gaspé le 24 juillet 1534. Illustration de
Louis-Charles Bombled (1862-1927) publiée dans Histoire de la Nouvelle-France par E. Guénin (1904)
« Comme le golfe allait s’élargissant de plus en plus, il voulut en reconnaître la rive opposée, et vint aborder au cap Double, la pointe Riche de nos jours, pour descendre ensuite jusqu’à un cap qu’on atteignit le 24 juin et qu’on appela pour cette raison cap Saint-Jean, aujourd’hui cap de l’Anguille. De là, tournant à l’ouest, on toucha successivement à diverses îles, dont l’une reçut le nom de Brion, en l’honneur du grand amiral qui avait patronné l’expédition, et l’on arriva au fleuve des Basques : la rivière de Miramichi. Puis on remonta au nord, en explorant la Baie des Chaleurs, dont l’entrée est signalée au delà par le cap de Prato, aujourd’hui cap Farillon. »
 
De là, toujours serrant la côte qu’il remonte vers le nord, il arrive à Gaspé et prend possession, le 24 juillet 1534, du sol de la Nouvelle France. Voici le texte authentique de cette prise de possession :
 
« Le XXIVe jour dudict moys, nous fismes faire une croix, de trente pieds de hault, qui fut faicte devant plusieurs d’eulx [il s’agit des indigènes de Gaspé], sur la poincte de Ventrée dudit hable ; soubz le croysillon de laquelle mismes ung escusson en bosse, à troys fleurs de lys, et dessus, ung escripteau en boys, engravé en grosse lettre de forme, où il y avait : VIVE LE ROY DE FRANCE
 
« Et icelle croix plantasmes sur ladicte poincte devant eulx, lesquelz la regardoyent faire et planter. Et après quelle fût eslevé en l’air, nous nous mismes tous a genoulx, les mains joinctes, en adorant icelle devant eulx ; et leur fismes signe, regardant et leur montrant le ciel, que par icelle estoit notre rédemption. »
 
La Gaspésie est désormais terre française. Le roi de France a dorénavant droit de regard sur les provinces qui l’entourent. Leur ensemble forme le Canada. En donnant à François Ier ces terres nouvelles, leur découvreur a rempli l’essentiel de sa mission. Voilà ce que signifie, aux yeux de Cartier et de ses gens, le « padron » fleurdelisé dominant la baie de Gaspé.
 
 
 
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Marie-Hélène

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Dim 19 Nov - 9:52

bjr Bisous
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BOB Morane

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Lun 20 Nov - 8:30


 
 
20
 
 

 
 

 
 
 
Charlemagne se fait voleur
par ordre de Dieu
(D’après « Le Rhin. Son histoire et ses légendes », paru en 1887)
Une nuit que Charlemagne se livrait au sommeil dans son nouveau palais appelé Kaiserpfalz, un ange lui apparut et lui annonça que par ordre de Dieu il devait commettre un vol. Découle de cette singulière aventure le surnom d’Ingelheim que Charles le Grand donna à sa résidence favorite, située à 15 km de Mayence et d’où ce puissant empereur commanda à la moitié de l’Europe.
A l’annonce faite par l’ange du vol que l’empereur devait commettre, ce dernier s’écria, indigné :
 
« — Quoi ! Mes cheveux ont blanchi dans le chemin de l’honneur, mes trésors regorgent d’or et d’argent, le Rhin et le Danube me paient tribut, mon sceptre s’étend même sur Rome la ville éternelle et je serais obligé de me faire voleur ! Non, Dieu ne peut m’imposer un ordre semblable.
 
— Ne discute point les décrets de la providence, lui répondit le céleste messager ; ses desseins sont impénétrables et ce que les hommes considèrent souvent comme un mal, Dieu dans sa divine sagesse ne le permet que pour leur bien. »
 

Vue d’artiste du Kaiserpfalz d’Ingelheim
En disant ces mots l’ange disparut. Charlemagne, vaincu par un ordre aussi formel, se revêt de son armure et l’épée à la main sort sans bruit de son palais. La nuit était noire et épaisse : Charles ne sait où diriger ses pas ; l’ordre divin l’inquiète et le tourmente. Comment faire pour voler et ne pas se laisser prendre ? Et l’empereur pensait : « Que n’ai-je auprès de moi ce coquin d’Elbegast ! Si souvent je l’ai fait poursuivre pour ses vols ! Si souvent menacer de la potence et de la roue ! Et maintenant je donnerais mes trésors pour avoir ses conseils et son aide. »
 
Et Charles soupirait amèrement. Tout à coup il sentit son glaive se détacher de sa main, sa tête chauve se dépouiller de son casque et les lanières de sa lourde armure se dénouer, puis une voix railleuse lui glisser à l’oreille ces paroles : « Majesté, ce costume est très propre aux tournois et aux sanglantes mêlées, mais quand il s’agit de faire un coup on laisse tout cela chez soi. »
 
Charles étonné se retourne et aperçoit la figure grimaçante du nain Elbegast qui continua en ricanant :
 
« — C’est pour ce motif que j’ai rapporté les armes de sa majesté dans son appartement, et si elle veut réellement commettre un vol je me mets à sa complète disposition. Envie-t-elle par hasard les biens d’un naïf campagnard, les trésors d’un riche comte ou le sac bien rempli d’un pieux abbé ? Qu’elle parle et je la conduirai.
 
— Non, je ne veux rien de tout cela, soupira l’empereur.
 
« — Voyons ! il me vient une idée ! s’écria le nain. Oui, c’est cela ! Non loin d’ici habite le comte Harderich ; nous pouvons sans remord lui rendre une visite. C’est un gaillard de la pire espèce : il rompt la trêve de Dieu, trafique sur les besoins du peuple, opprime la veuve et l’orphelin et, qui pis est, souhaite la mort de votre majesté. Non, voler chez lui n’est pas un crime.
 
— Tu as raison, répondit l’empereur, c’est mon homme. Allons ! »
 
Les deux compagnons se dirigent à pas rapides vers l’opulent manoir du comte. Arrivés, le nain murmure quelques paroles magiques, et, comme par enchantement, les lourdes portes roulent sur leurs gonds. L’empereur pénètre dans la vaste salle des ancêtres contiguë à la chambre à coucher du comte, tandis que le nain se glisse doucement et sans bruit dans l’écurie pour y prendre le coursier favori du comte.
 
 
 

 
Représentation de Charlemagne
Mais malgré toute sa circonspection, il ne put empêcher le cheval d’entendre le bruit de ses pas et le noble animal se mit à hennir avec tant de force qu’Harderich se réveilla. Inquiet, le comte appelle son écuyer et lui ordonne de se rendre à l’écurie pour voir ce qui s’y passe. Celui-ci s’y rend à moitié endormi et revient avec la nouvelle qu’il n’a rien trouvé. A son approche, Elbegast était grimpé sur une poutre sur la quelle il s’était étendu.
 
Au moment où Harderich voulait se remettre au lit, les hennissements recommencèrent avec plus de force et, dans la persuasion que tout n’était pas en règle dans le château, prend flambeau et fouille tous les coins et recoins, toutefois sans plus de succès que son écuyer. Revenu près de son épouse, celle-ci lui dit que d’autres causes devaient lui ravir le repos, et après d’instantes prières le comte lui avoue qu’avec 12 complices, dont il cite les noms, il avait conçu le plan d’assassiner l’empereur dans son palais, et que l’exécution devait avoir lieu le lendemain même.
 
Charles qui a tout entendu, sort de la salle et rejoint à l’écurie le nain qui s’efforçait inutilement de monter le cheval.
 
« — Je pourrais prendre les œufs sous la poule s’écria-t-il, et cette maudite bête ne se laisse pas monter ! Cependant je ne connais pas de plus noble coursier et celui qu’il porte est invincible.
 
— Laisse moi essayer, dit l’empereur. »
 
Sous la main de Charlemagne le cheval se laissa seller et brider sans résistance. L’empereur se mit en selle et reprit au galop le chemin de son palais. Le nain ne put soutenir une pareille course et resta loin en arrière ; plus tard toutes les recherches de l’empereur pour le retrouver restèrent infructueuses : il ne le revit jamais.
 
Arrivé à la résidence, il ordonna de saisir et de pendre le comte et ses complices lorsqu’ils se présenteraient au palais. Ceux-ci qui ne se doutaient de rien arrivèrent Mais quelle fut la terreur d’Harderich lorsqu’ il vit l’empereur, monté sur son propre coursier, lui reprocher d’une voix tonnante sa trahison et le condamner au dernier supplice. Les misérables furent exécutés et nul ne revit son château.
 

 
Vestiges du palais impérial de Charlemagne à Ingelheim (Allemagne)
©️ Crédit photo : La Photo Passion, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
C’est en mémoire de cette protection miraculeuse que Charlemagne surnomma son palais Ingelheim, ingel signifiant ange en allemand, et heim signifiant chez soi. Le pape Adrien Ier (772-795) avait envoyé d’Italie, pour la construction de cet édifice (qui débuta en 774), les mosaïques et le marbre. Beaucoup d’empereurs allemands y eurent leur résidence. Charles IV, empereur du Saint-Empire romain germanique (1355-1378), fut le dernier souverain qui y habita.
 
 
 
 
 
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Marie-Hélène

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Lun 20 Nov - 10:36

bravo 

Parait que Charlemagne n'avait pas du tout cette belle barbe et chevelure abondante !!!! Pied de nez 


Statue équestre en bronze


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Frida oum papa

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Lun 20 Nov - 13:41







GROSSES BISES
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BOB Morane

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mar 21 Nov - 8:13


 
 
21  
 
 
 
 
 
Après-midi (Un bon ou une bonne) ?
(Source : Le Figaro)
 
« Bonne après-midi » ou « Bon après-midi » ? Les formules sont courantes. Est-il pour autant correct de les employer ? Le Figaro revient sur le bon usage de la locution.
À l’oral, certains disent « je te souhaite un bon après-midi », d’autres « une bonne après-midi ». À l’écrit, les deux formules s’échangent invariablement l’article au masculin et au féminin. Ainsi voit-on souvent noté « À cet après-midi » et à l’inverse « À cette après-midi ». Mais quand est-il correct de féminiser la locution ? Est-ce faire un abus de langage que de l’accorder ? Le Figaro revient sur sa formulation.
 
Ouvrons les thésaurus. Au risque d’en décevoir certains, il sera impossible de donner une réponse exclusive. Ni Le Petit Robert, le Larousse, ni le CNRTL ont tranché la question. Le substantif né au début du XVIe siècle est en effet amphigame et se construit autant avec des articles masculins que féminins.
 

Un après-midi d’été en 1798. Chromolithographie d’Adrien Moreau de la fin du XIXe siècle
La locution se retrouve ainsi invariablement accordée en littérature. Notons par exemple l’emploi du substantif au féminin chez Jean Giono, en 1947, dans Un roi sans divertissement : « Sa femme, plus âgée que lui, était une créole toujours belle et lente comme une après-midi de fin juin. » Et inversement, l’expression traduite au masculin chez Nietzsche, en 1888, dans Ecce homo : « Je voudrais dire encore un mot à l’adresse des oreilles exquises : ce que, quant à moi, je demande véritablement à la musique. Qu’elle soit de belle humeur, désinvolte, tendre et profonde comme un après-midi d’octobre. » Est-ce à dire, pour autant, que le terme « après-midi » ne réponde à aucune règle ? Non selon l’Académie française.
 
Pour étayer leur assertion, les sages expliquent ainsi qu’en suivant le genre du nom « midi » il est cohérent voire logique d’employer le masculin avec le terme « après-midi ». Retenons donc, pour être bienséant, que la formule s’écrit davantage au masculin, telle que le notait déjà il y a deux siècles Flaubert dans Bouvard et Pécuchet ou bien encore Camus dans L’Étranger en 1942. Bon après-midi !
 
Alice Develey
Le Figaro
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Marie-Hélène

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mar 21 Nov - 12:34

Au tout début de ma participation aux divers (forums),j'étais persuadée du féminin ,justement plus habituée à cette formule orale "bon après-midi" prononcé bonne à cause du a suivant.J'ai vu très vite que j'étais dans l'erreur mais contente tout de même de voir que la question se pose !!!! super

Et pendant que j'y suis forum au pluriel :S ou A comme le neutre pluriel en latin  Interrogation
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BOB Morane

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mar 21 Nov - 14:31

Les forums 

Les foras 

J'ai quelques fois employé les foras , mais plus couramment les forums question de simplicité ?
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Marie-Hélène

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mar 21 Nov - 14:45

bravo super bjr
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Michel Boisjoly

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mar 21 Nov - 15:32

Fora est le pluriel de forum ,pas besoin de S supplémentaire. C'est un peu comme blinis en russe qui est le pluriel de blin ,un blinis cela fait deux fois le pluriel.
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BOB Morane

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mar 21 Nov - 15:45

D'accord avec ton approche, Michel, mais foras intègre une liste déjà conséquente de termes étrangers cumulant un double pluriel (langue d'origine + langue d'accueil) : 
- des spaghettis, des talibans... 
Le double pluriel est couramment appliqué aux mots arabes, en turc notamment. 

A l'inverse, des mots étrangers au pluriel sont traités en français comme mots au singulier : 
- ex : un panini
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Michel Boisjoly

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mar 21 Nov - 16:09

Je sais bien cela. C'était juste pour dire. Tous les mots italiens ne respectent pas le pluriel en Français et c'est normal.
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BOB Morane

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mer 22 Nov - 8:16


 
 
 22  
 
 

 
Premier chat dans l’espace :
envoyé par la France en 1963
(Source : Slate)
 
C’est un épisode relativement peu connu de l’histoire de la conquête spatiale. Félicette fut le premier chat à effectuer un vol suborbital à bord d’une capsule lancée par une fusée Véronique depuis la base d’Hammaguir en Algérie, dans le Sahara, le 18 octobre 1963 par l’armée française. Après un vol de plus de 10 minutes, dont 5 en absence de gravité, la chatte est récupérée vivante.
L’objectif du Centre d’études et de recherches de médecine aérospatiale (Cerma) était d’étudier le comportement de l’animal durant la dizaine de minutes dont cinq en absence de gravité, qu’il aura passées en vol.
 
Un documentaire archivé par l’INA a immortalisé les conditions dans lesquelles les chercheurs avaient sélectionné Félicette. La chatte faisait partie d’un groupe de quatorze, qui pendant plusieurs mois ont été entraînées et testées : une à deux heures enfermées dans une boîte chaque jour dans une cabine qui simulait les bruits de la fusée, et même des séances traumatisantes de centrifugeuse, le tout avec des électrodes plantées dans le crâne. Six chattes furent présélectionnées la veille du vol, choisies pour leur calme pendant les épreuves et, le jour J, Félicette devint l’élue.
 

Félicette, premier chat dans l’espace
Cet oubli relatif dans lequel l’astrochatte est tombée pourrait s’expliquer selon l’historien de la conquête spatiale Robert Pearlman, interrogé par Gizmodo, par l’absence d’une suite glorieuse aux tentatives françaises de se faire une place dans la course entre Soviétiques et Américains. L’histoire de Félicette « ne mène pas à une histoire plus large », à l’inverse de la célébrissime chienne Laika, qui sera la première à voyager dans l’espace en 1957 à l’initiative de l’Union soviétique. Bien que dix Français – dont, tout récemment, Thomas Pesquet – aient voyagé dans l’espace, leurs missions se sont déroulées dans le cadre de coopérations internationales, à l’inverse des premières missions américaines ou soviétiques.
 
Héros sans nom
Selon le site de Patrick Roberts, qui écrit sur les chats célèbres, les chattes sélectionnées par le Cerma pour partir dans l’espace n’étaient pas nommées, afin d’éviter que le personnel ne s’y attache. Félicette aurait été baptisée après coup, peut-être par la presse, lors de son retour triomphal à Paris. Une légende veut qu’elle ait remplacée au pied levé Félix, un chat de gouttière qui s’était échappé juste avant le lancement de la fusée, mais il s’agit selon l’historien d’un mythe.
 
Après le vol de Félicette, une carte postale fut envoyée aux participants avec la mention : « Merci pour votre participation à mon succès du 18 octobre 1963 ». Le 24 octobre de la même année, un autre chat lancé par l’armée aura moins de chance : la fusée s’écrasa avec son occupant, laissant à Félicette le titre de première, mais aussi d’unique félin à avoir effectué un vol spatial et à en être revenu vivant.
 
Jean-Laurent Cassely
Slate
 
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Marie-Hélène

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mer 22 Nov - 9:58

Effectivement je suis parmi ceux qui ne connaissaient pas ces expériences sur le chat !!!!
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Michel Boisjoly

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mer 22 Nov - 12:41

Ça ne date pas d'hier. La fusée Véronique partait de Colomb Béchar avant 1962 ,indépendance de l'Algerie. Quand aux oscillographes cathodiques,j'en ai utilisé pour la dernière fois en 62. 55 ans ,nous étions jeunes et fringants.
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Marie-Hélène

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Mer 22 Nov - 19:20

Je vous souhaite une bonne nuit .Pour nous en pleine tempête.Le vent s'est levé en tout début d'après-midi,s'est renforcé et là c'est le grand jeu :pluie et vent !!!!!Me semble que ça se calme un peu !!!! en colère effrontée
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BOB Morane

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Jeu 23 Nov - 8:11


 
 
23
 
 

 
Phonographe (Le révolutionnaire) : une
invention du Français Charles Cros
(D’après « Le Petit Journal illustré », paru en 1927)  1/2
 
 
La légende de l’inventeur méconnu, bafoué de son vivant et glorifié enfin, longtemps après sa mort, reçut une illustration nouvelle le 30 avril 1927, à l’occasion d’une cérémonie marquant le cinquantenaire du dépôt à l’Académie des sciences, par Charles Cros, d’un pli cacheté contenant la description exacte et complète d’un des plus merveilleux appareils nés du génie humain : le phonographe ; une célébration pour témoigner hautement et officiellement que la France revendiquait la gloire de cette invention.
Sans doute eût-elle pu, selon certains, la revendiquer plus tôt et ainsi rendre hommage à l’auteur de son vivant, mettre à sa disposition les sommes nécessaires pour lui permettre de réaliser son idée et de construire son appareil ; mais chacun sait qu’il n’est point d’usage d’agir ainsi : la tradition veut que l’inventeur connaisse, sinon les persécutions, du moins les dédains de la foule, et qu’on ne lui rende justice que longtemps après sa mort, et quand l’étranger s’est emparé de son idée. C’est là, comme nous allons le voir, toute l’histoire de Charles Cros et de sa géniale invention.
 
L’idée de recueillir, de fixer et de conserver la parole humaine hanta jadis quelques cervelles. Le romancier et dramaturge Savinien de Cyrano de Bergerac (1619-1655) qui, dans son Histoire comique des Etat et Empire de la Lune, eut la prévision du ballon, du parachute et même du moteur à explosion, eut également celle du phonographe. Il découvre dans la Lune un appareil plein de petits ressorts et de machines imperceptibles.
 

 
Centenaire du phonographe, invention de Charles Cros
« C’est un livre, dit-il, mais un livre miraculeux qui n’a ni feuillets, ni caractères. Enfin, c’est un livre où, pour apprendre, les yeux sont inutiles ; on n’a besoin que des oreilles. Quand quelqu’un souhaite lire, il bande avec une grande quantité de toutes sortes de petits nerfs cette machine, puis il tourne l’aiguille sur le chapitre qu’il désire écouter, et, au même instant, il en sort, comme de la bouche d’un homme ou d’un instrument de musique, tous les sons distincts et différents qui servent, entre les grands lunaires, à l’expression du langage ». Les fantaisistes, vous le voyez, sont parfois des « anticipateurs ». Les poètes aussi, d’ailleurs.
 
Plus près de nous, en effet, un poète, et l’un des plus grands du XIXe siècle, a eu, lui aussi, le pressentiment de la plus grande invention que Charles Cros devait décrire trente ans plus tard. Lisez plutôt ces lignes extraites d’une étude de Théophile Gautier sur Mlle Mars, parue dans la Presse, le 24 mai 1847.
 
« Un jour peut-être, écrivait le grand Théophile Gautier, lorsque la critique, perfectionnée par le progrès universel, aura à sa disposition des moyens de notation sténographique pour livrer toutes les nuances du jeu d’un acteur, n’aura-t-on plus à regretter tout le génie dépensé au théâtre en pure perte pour les absents et pour la postérité. De même qu’on a forcé la lumière à moirer d’images une plaque polie, l’on parviendra à faire recevoir et garder, par une matière plus sensible encore et plus subtile que l’iode, les ondulations de la sonorité, et à conserver ainsi l’exécution d’un air de Mario, d’une tirade de Mlle Rachel ou d’un « couplet » de Frédérick Lemaître. On conserverait de la sorte, suspendue à la muraille, la Serenata de Don Pasquale, les imprécations de Camille, les déclarations d’amour de Ruy Blas, daguerréotypées un soir que l’artiste était en verve... »
 
Ce jour que prévoyait l’écrivain en 1847, était proche. Désormais, les archives du chant et de la parole existent. Grâce à l’invention conçue en avril 1877 par Charles Cros, et réalisée quelques mois plus tard par Edison, les voix des grands artistes et de grands orateurs ne pouvaient plus mourir. Et ce fut là, assurément, l’une des trouvailles les plus extraordinaires de ce XIXe siècle, si fécond en inventions et en progrès.
 
Charles Cros, auquel on ne saurait, en bonne justice, dénier le mérite d’avoir été théoriquement le véritable inventeur du phonographe, fut un esprit des plus originaux. Savant, certes, et très grand savant, mais qui se doublait d’un poète, d’un humoriste, et d’un pince-sans-rire. Pour se reposer de ses travaux scientifiques, il écrivait des vers, et de très beaux vers — son recueil Le Coffret de Santal contient des pièces admirables — et il faisait des monologues pour Coquelin Cadet. Il était notamment l’auteur d’une « scie » fameuse, le Hareng-Saur, qui valut au célèbre comique ses plus francs succès.
 
Mais ce n’étaient là, pour Charles Cros, que badinages nécessaires à la détente de son cerveau. Le savant se livrait à de plus utiles travaux. Tout jeune, il avait étudié concurremment et la médecine et les langues anciennes. A quinze ans, il savait autant de sanscrit qu’un vieux brahmane. Un des premiers, il réalisa la synthèse du rubis. Avec Ducos du Hauron, il découvrit la photographie en couleurs.
 
 
 

 
Pli cacheté déposé par Charles Cros à l’Académie des Sciences en avril 1877
L’audace de certaines de ses conceptions scientifiques frisait parfois la plus invraisemblable fantaisie. L’idée d’une communication possible entre les planètes le hantait. En 1869, il publia dans le Cosmos un curieux mémoire sur ce sujet. Comme, en ce temps-là, il n’était pas encore question de télégraphie sans fil, Charles Cros méditait de communiquer avec Mars au moyen de signaux optiques. Il proposait que, sur un immense espace de terrain, le Sahara, par exemple, on dessinât, en traits lumineux extrêmement puissants, la figure du théorème du carré de l’hypoténuse. Les savants de Mars, pensait Charles Cros, auraient reconnu immédiatement cette figure et auraient répondu au moyen du même procédé, par la figure du théorème suivant. Et la correspondance se serait établie ainsi entre les deux planètes.
 
Cette idée, plus américaine, d’ailleurs, que française, ne fut jamais réalisée. Elle montre du moins que le savant, chez Charles Cros, ne reculait pas devant des projets qui semblaient plus propres à exciter l’imagination d’un Jules Verne que celle d’un grave mathématicien.
 
Mais venons à la conception du phonographe. Charles Cros avait déposé, le 30 avril 1877, à l’Académie des sciences un pli cacheté sous le titre que voici : « Procédé d’enregistrement et de reproduction des phénomènes perçus par l’ouïe ». Ce pli fut ouvert, lu en séance publique le 3 décembre de la même année et reproduit in-extenso dans le procès-verbal de la dite séance.
 
Toute l’invention du phonographe y était nettement expliquée : membrane vibrante, pointe métallique suivant les ondulations de la membrane, appareil moteur faisant tourner la surface d’enregistrement ; rien n’y manquait... Ou, plutôt, il n’avait manqué à Charles Cros que les fonds nécessaires pour construire l’appareil et présenter, au lieu d’une simple description, l’invention réalisée. Ces fonds, Charles Cros les chercha vainement...
 
Vainement, il essaya d’intéresser à son invention les constructeurs d’appareils scientifiques. N’ayant pas réussi, il voulut au moins, en désespoir de cause, et pour s’assurer la priorité de la trouvaille, au cas où quelque réalisation du même genre serait tentée, publier la description de l’appareil avec tous les détails de son fonctionnement. Il chargea de ce soin un savant prêtre de ses amis, l’abbé Le Blanc, rédacteur scientifique de la Semaine du Clergé. C’est dans cette feuille que, le 10 octobre 1877, parut le premier article relatif à l’invention de Charles Cros, et que fut imprimé pour la première fois le nom de phonographe qui devait lui être attribué. L’inventeur, à la vérité, eut préféré le nom de paléophone (voix du passé). C’est l’abbé Le Blanc qui proposa le terme phonographe ; et phonographe est resté.
 
 
 
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Marie-Hélène

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Jeu 23 Nov - 14:26

 
Quand je pense qu'une simple clé peut conserver son et image C'est vraiment génial.....  Monsieur CROS !

Et comme ce monsieur ne s'est pas contenté de cette invention ,mais était un "Cerveau" RE bravo brv  ....Et ça qui le savait ????????
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BOB Morane

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Ven 24 Nov - 8:10


 

 
 
 
Phonographe (Le révolutionnaire) : une
invention du Français Charles Cros
(D’après « Le Petit Journal illustré », paru en 1927)  2/2
 
 
 

 
Thomas Edison
Or, c’est seulement cinq jours après l’ouverture du pli de Charles Cros à l’Aacdémie, c’est-à-dire le 8 décembre 1877, que Thomas Edison prit un brevet, d’ailleurs tout à fait informe, sur « les vibrations d’un tympan actionnant une plume chargée d’encre et frôlant une bande de papier sans fin ». Cela ne ressemblait guère au phonographe conçu par Charles Cros. Mais le 15 janvier suivant, Edison prenait un second brevet dans lequel se trouvait décrit le phonographe mécanique. Le grand adaptateur et réalisateur américain avait eu tout le temps de s’inspirer et du mémoire original de Charles Cros, publié dans les comptes-rendus de l’Académie, et de l’article de l’abbé Le Blanc, paru trois mois auparavant.
 
On a dit avec raison qu’en cette affaire, Edison avait été à Charles Cros ce que Marconi fut à Branly dans la réalisation de la T.S.F. Et la comparaison est parfaitement judicieuse. Edison, cependant, a eu, seul, longtemps, toute la gloire de l’invention. Mais, cette, gloire, il la dut surtout au fait qu’il trouva autour de lui des capitalistes amis du progrès, confiants dans son génie, qui lui permirent de puiser dans une caisse largement ouverte et abondamment fournie pour réaliser toutes les inventions dont il s’occupait. Et c’est là ce qui, en revanche, manqua de tous temps aux inventeurs français.
 
Cette invention du phonographe était une chose si singulière, si étrange, si inattendue, qu’elle suscita d’abord l’incrédulité générale. On raconte que c’est à elle qu’Edison dut ce titre de « wizard », c’est-à-dire de sorcier, de magicien, que ses compatriotes lui attribuèrent dès lors. Le soir où il acheva la construction de son premier appareil, son principal commanditaire, Carman, se trouvait avec lui dans son laboratoire. Il regardait l’appareil, se demandant ce qu’il pouvait bien être, car Edison n’en avait encore parlé à personne.
 
— Qu’est-ce donc que cela ? demanda Carman à l’inventeur.
— Cela, répondit Edison, c’est une machine qui parle.
 
Carman éclata de rire, croyant que le savant se moquait de lui.
 
— Voulez-vous parier avec moi, reprit Edison, que cet appareil va répéter textuellement ce que je vais dire ?
— Je tiens le pari.
 
Edison récita devant le diaphragme les premiers vers d’une fable que l’appareil, en bon perroquet, reproduisit d’une voix aigrelette, mais distincte. « You are a great wizard ! » (Vous êtes un grand sorcier) s’écria Carman.
 

 
Phonographe Edison
En Angleterre, quand on présenta le premier phonographe importé d’Amérique, il se trouva dans l’assistance un évêque, John H. Vincent, qui, soupçonnant quelque supercherie, voulut se livrer à une épreuve. Devant un rouleau, il énuméra à toute vitesse un certain nombre de noms propres tirés de la Bible. L’appareil les répéta correctement ; et le prélat s’avoua vaincu. « Il n’y a que moi dans tout le pays, dit-il, qui puisse réciter ces noms avec une telle rapidité. »
 
Mais l’incident le plus comique se produisit à Paris, à la séance de l’Académie des sciences où un représentant d’Edison présenta un phonographe pour la première fois. Le président de l’assemblée, un médecin nommé Bouillaud, beaucoup plus connu pour les abominables vivisections auxquelles il se livrait que pour les trouvailles de son génie scientifique, se fâcha tout rouge, et, saisissant l’opérateur au collet, le secoua d’importance. « L’Académie, s’écria-t-il, n’est pas dupe du charlatanisme d’un habile ventriloque !... »
 
Il ne consentit à prendre l’invention au sérieux que lorsqu’on l’eût prié d’impressionner lui-même le cylindre et qu’il eût entendu l’appareil répéter exactement les paroles qu’il avait prononcées. Tels furent les débuts du phonographe en Amérique et en Europe.
 
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BOB Morane

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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Sam 25 Nov - 8:05


 
 
25  
 
 

 
 
 
Manufacture de Sèvres :
secrets d’un savoir-faire
vieux de près de trois siècles
(Source : France 24)
 
Nichée au cœur du parc de Saint-Cloud, la manufacture de Sèvres est un temple de l’artisanat. On y fabrique les plus belles céramiques d’Europe. Depuis 1740, des générations de céramistes d’art y perpétuent un savoir-faire unique.
Pour fabriquer de la porcelaine, il faut trois ingrédients : le kaolin, c’est l’argile, pour la forme et la blancheur ; le quartz, pour la translucidité et la vitrification de la porcelaine ; le feldspath, qui permet d’abaisser la température de cuisson du mélange. Dans les ateliers de la manufacture, 120 céramistes d’art perpétuent un savoir-faire de génération en génération depuis trois siècles. On dit qu’il faut trois ans pour acquérir le bon geste, sept ans pour être tout à fait à l’aise avec.
 

 
Manufacture de Sèvres. Dessin d’Achille-Etna Michallon (1817)
Derrière les fenêtres de la manufacture, se côtoient les calibreurs d’assiettes et les tourneurs. Ils manient avec habileté le tournassin, cet outil tranchant. Quelques pas plus loin, on découvre les garnisseurs-découpeurs dont la patience ne cesse d’étonner. Dans chaque atelier, des gestes précis, millimétrés, au service de matières nobles. Aucun mouvement, aucune parole superflue. La concentration est maximale tant chaque pièce est précieuse.
 
Céramique émaillée, décorée à la main et dorée à l’or fin. Peints à brosse de blaireau, les bleus de Sèvres aux infinies nuances demeurent le symbole de la manufacture. Autre concession à notre époque, les recherches des ingénieurs chimistes. Ils testent les pâtes, les encres et les couleurs. On compte plus de mille pigments, poudres, métaux précieux et glaçures. Toutes les formules sont retranscrites dans de vieux carnets. Car on ne jette rien ici : ni les formules chimiques, ni les esquisses ou les dessins édités depuis la création de la maison.
 
 

 
 
Tasse et soucoupe Litron en porcelaine de Sèvres (1779)
On compte cent mille moules orignaux en plâtre, conservés dans la mémoire de cette institution, au nom évocateur, le magot. Les œuvres démoulées sont si délicates, que dès 1752, on les laisse nues, sans émaillage. Le biscuit de Sèvres naît, et sa blancheur rivalise même avec le marbre. Ainsi se transmettent les savoir-faire de cette institution publique créée par la volonté de Louis XV et de Madame de Pompadour il y a 277 ans.
 
Une vidéo
 

 
 
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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   Sam 25 Nov - 9:41

"Les batteurs" de porcelaine   

La belle porcelaine :mon péché mignon !!!!!!Mais bon !!!!Pas à la portée de toutes les bourses ! en colère
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MessageSujet: Re: Les Bonjours & Bonsoirs Novembre   

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